lundi 30 janvier 2012

Manque de Naples

Il neige sur Eymoutiers…
C'est si beau, si calme… Un jour je vous raconterais les rencontres passionnantes que je suis en train de faire ici, ces  jardiniers philosophes, ces poètes des forêts, ces bâtisseurs de ponts entre la fin des ville et l'au-delà des campagnes…
Mais ce soir, tout à coup, Napule, Napoli, Naples me manque… 
les millénaires de lumière au bord de l'eau, les dauphins qui dansent quand le bateau s'éloigne dans la baie, la bonne humeur devant la catastrophe, la rigolade des macchabées, la bouffe exagérée, le mauvais goût tellement de mauvais goût qu'on y prend goût…
Ce morceau fameux de Pino Daniele est ici dans la version proposée par John Turturro, dans son chef d'oeuvre absolu "Passione"

On y trouve des merveilles comme ce "Come facette mammeta"

Et cette "Tammuriata nera" qui conte l'histoire de ces filles qui, après le débarquement américains, mirent au monde des "Marocchini" - des "Marocains", en fait, des noirs, enfants de G.I. du Missouri ou de New York. Traduction des sous-titres en italien des paroles napolitaines:
Parfois, je ne comprends pas ce qui se passe
Et ce qu'on voit, on n'arrive pas y croire
Un enfant noir est né
Et la maman "Ciro" l'a appelé
Vire tourne
Que tu l'appelles Ciro ou Antonio
Le fait est qu'il est noir, 
Mais vraiment vraiment noir
Les femmes le racontent: ce genre de fait n'est pas rare
Il y en a des milliers
Quelquefois, il suffit d'un regard
Et la femme tout en dessous est restée impressionnée
Oui, juste un regard, Oui, une impression
Maintenant, va le trouver celui qui a mis dans le mille!
Le fait est qu'il est noir,
Mais vraiment, vraiment noir
Pitié, pitié, un enfant noir est né
Carmelina, fuis, fuis! Cours, cours, cours!
Le paysan dit: parlons en, si on réfléchit, ça, on se l'explique
Si tu sèmes la graine, la graine pousse
Elle peut germer ou pas mais toujours le blé poussera
Oui, dis-le à maman, oui!
Oui, dis-le à moi aussi,
Que tu l'appelles Ciccio ou Antonio… etc. 
Le fait est qu'il est vraiment… etc.
Oui, un regard… etc.
Les demoiselles de Capodicchio font l'amour avec les Marocains
Les Marocains se lancent lance en tête et les demoiselles restent enceintes
(en anglais) baisse le pistolet
American Express donne les dollars que je me tire en vitesse
Que sinon la police vient et fait ce qu'elle veut
Carmelina, fuis, fuyons, c'est la guerre, fuyons

Envie de sud, de latinité, de mélanges des sud… 
La gare est en face, à dix minutes à pied…
on va partir, c'est sûr,
mais pour éviter le choc thermique, on s'arrêtera à mi-chemin, dans le sas de décompression  du Val de Suse, aux rencontres de la revue de culture, d'histoire et luttes des Alpes dissidentes Nunatak
Il me tarde de retrouver la bonne humeur des Valsusains dont les musiques tournent sans un instant se lasser
autour des Jéricho de la technoscience capitaliste

4 commentaires:

  1. Merveilleux exemple de la culture du Sud.
    Merci pour la tradition de ce texte magnifique.
    J'attends avec impatience les récits d'Eymoutiers et plus encore (tu t'en doutes) des nouvelles de Naples.
    ps: connais-tu les nouvelles de Malaparte sur la Naples d'après-guerre? Les thèmes de quelques-unes ne sont pas très éloignés du texte de cette chanson.

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  2. Connais pas les nouvelles de Malaparte, mais ça va pas durer.

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  3. C'est le John Turturro, acteur des frères Coen ?

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  4. Yes, man, on le voit d'ailleurs brièvement à la fin de la première vidéo

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