Aux éditions Hugo et Cie, Pierre Maraval publie un drôle de bouquin. Ça s'appelle tout simplement Insurrection et ça raconte qu'en mars 2012, la France se révolte, avec, dit la quatrième de couverture, "d'immenses manifestations et des émeutes sans précédent. Tel le général de Gaulle en 1968, Nicolas Sarkozy pourrait tirer parti de cette atmosphère de guerre civile pour l'emporter dans les urnes. Y arrivera-t-il?". On aurait envie d'envier l'idée de Maraval, jusqu'à ce qu'on note que, dans son récit, le point de départ de l'insurrection, c'est l'immolation par le feu, en pleine assemblée générale, d'un leader syndical face à la délocalisation inévitable de son usine. On a beau devoir au suicide de Bouazizi les premières émeutes de l'insurrection tunisienne, on ne peut que souhaiter que les révolutions nécessaires aient un point de départ plus joyeux (au minimum, incendier les centres du pouvoir plutôt que les corps des exploités)
Un suicide est toujours une défaite. Il ne manque pas de bonne raison de vouloir vivre. Donnons-en quelques-unes, en attendant que les lecteurs en fournissent d'autres.
1- Il y a beaucoup à faire: par exemple imaginer les points de départ possibles des insurrections qui viennent: grèves de la faim dépassées dans la mise en pratique de la vieille injonction: "eat the rich";
désespéré brandissant une bouteille d'essence et se décidant à la jeter non sur lui-même mais sur l'Autorité venue parlementer; grèves sans revendications; blocage d'un train nucléaire se transformant en blocage d'une ville puis de deux; révolte des abeilles…
2-Il y a beaucoup à faire: par exemple, cultiver son jardin - faire pousser basilic grec, courgette nimba, cosmos sulfureux, cressonnette du Maroc, melon petit gris de Rennes, physalis Goldie et autres piments doux "corno di toro rouge", et toutes ces variétés de légumes anciens que l'industrie semencière veut interdire (et en se gardant de leur rentabilisation branchée: le mieux est quand même de les donner aux amis)
3-Il y a beaucoup à faire: par exemple perpétuer une biodiversité animale que l'industrialisation du vivant veut éteindre, élever la Thone et Martaud au mufle et aux oreilles noirs, la chèvre rove à la robe cuivrée et le Gorri Tipia ou brebis des broussailles, comme le font les amis Milena et Paolo dans leur ferme aux animaux , et pas parce que ça rapporterait, mais parce que ça remplit d'une joie tranquille et que ça ouvre à d'autres relations possibles entre les formes de vie.
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| l'alliance du vivant: le bélier bizet comme moyen de transport spontané des chevreaux |
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| (cliquer pour lire) |
6-Occuper les Pôles Emploi
7. Lire Siné Mensuel (interview de Mucchielli, pages de Carali et de Lindingre…)
7- Lire Balzac, Proust, Leroy, Lowry, Genet, Istrati, Manchette, Homère, Flaubert, Hammet, Bunker, Céline, Camilleri, Hedayat et des milliers d'autres…
8-Faire une pastilla comme chez Isabelle et un tiramisù aux fruits rouges, boire un vin naturel en crachant au passage sur les petits cons prétentieux du Verre volé, dans boboland (près du canal Saint Martin)
9-Pirater son nouveau compteur d'électricité "intelligent".
10-Embrasser qui vous voulez.




Mouais. L'dernier suicide qu'y a eu dans ma famille (après le premier, et avant le prochain, sans compter les tentatives entre), c'était une tante. Elle cultivait son jardin. Les meilleurs tomates que j'ai mangées. Sinon, je lis Proust aussi. Mais j'ai pas de bouc, les animaux sont interdits dans mon foyer. Le suicide pas, en revanche. J'crois que ma voisine a tenté. Mais j'préfère pas savoir.
RépondreSupprimerPourquoi on parle que de siné, siné siné ? et les autres journaux militants alors : fakir, backchich, CQFD pour ne citer que ceux la, qu'il faut aussi encourager et faire connaitre... (c'est fait ;) )
RépondreSupprimerSe faire embaucher dans un lycée de banlieue et faire exprès d'apprendre le plus de choses aux gamins pour emmerder les décerveleurs.
RépondreSupprimerA l'anonyme de 7:29 (va falloir que je re-règle l'horloge): tu oubliers Article11.
RépondreSupprimerEcornifleur,tu "oubliers" Article 11 oui.
RépondreSupprimerIl y en a eu une quinzaine et à Lyon, elle est pas mal bien racontée l'occupation de Pôle emploi ce 17 janvier : http://rebellyon.info/Le-17-janvier-occupation-de-Pole.html
RépondreSupprimerQuitte a se tuer, autant faire quelque chose d'utile comme tuer quelques personnes appartenant a cette elite (corrompue, egoiste, misanthrope, sataniste) avant... .
RépondreSupprimerj'aiiime
RépondreSupprimerbon continuation
Des bonnes raisons et des mauvaises : Le suicide est une perte de temps. C'est l'embarras des méthodes. ça n'est pas très sexy. ça vaut pas le coup de l'avoir vécu. C'est une bonne question qui n'amène que des mauvaises réponses. C'est l'honneur bafoué du kamikaze. ça ne donnera jamais le talent de Zweig ou de Van Gogh à rebours. C'est l'occasion d'être ridicule dans sa lettre d'adieu. ça ne fait pas plus de place. ça n'aide pas à trouver un emploi. ça doit avoir un arrière-goût. C'est la cause des plus tristes enterrements. C'est tricher. ça ne fait chic qu'avec un testament écrit à la plume d'oie. ça pose des problèmes d'organisation dans la journée. ça ne constitue en rien le moyen d'une niche fiscale. ça peut prendre à la gorge. C'est la fin du roman. C'est trop court. ça ne vaut pas une cuite mortelle. ça démange ...
RépondreSupprimer"10-Embrasser qui vous voulez. "
RépondreSupprimerc'est un peut pour ca que j'y pense... et si qui je veut ne voulais pas. ah?
10-faites de la musique, un crincrin, un tambour et inviter vos amis voisins et les inconnus a danser.
"si affaissé, brimé, si fini que tu sois, demande-toi régulièrement-et irrégulièrement- "qu'est ce qu'aujourd'hui encore je peux risquer?"" H. Michaux
RépondreSupprimerpourrait être la onzième chose à faire.
Par curiosité... Qui sera élu en 2012 (bon ok, ça on s'en fout), voir la fin du nucléaire, l'émergence de l'internationale mondiale et la révolution qui va avec (ça se loupe pas ça, que diable !).
RépondreSupprimerPour faire chier les riches ... pour ne pas leur laisser les mains libres...ça leur ferait trop plaisir !
Pour résister ...
Manchette était un puceau atlantiste et stérile fasciné comme un naze par la langue qu'il enseignait (oui, parce qu'en qu'en plus, ce nave était prof, Dieu nous préserve de la littérature de prof), au point de nier toute la richesse du polar français des années 1960, les Dard, les Siniac, les Viard et Zacharias et j'en passe, pour sa fixette de puceau. Il de surcroît a fabriqué une théorie du polar dont se gobergent encore les Rayanale, Groslard et Pourry, qui t'ont entubé grâce à elle. Bunker c'est un peu mieux, mais tout de même il vandait de l'héro à la Fraternité Aryenne, et les trades de Rivages sont à chier, on peut reconstituer l'anglais avec les anglicismes, œuvre du sagouin agrégé Michalski. Tu déjantes dans la référence, mon vieux. Il y a mieux. Quant au suicide, il va de soi que si on a l'énergie de se flinguer, on a l'énergie de faire bien plus fort.
RépondreSupprimerL'auteur de cette tirade n'a visiblement pas l'expérience de la pensée dépressive. Tant mieux pour lui, mais qu'il n'imagine pas chasser des pensées suicidaires de ses contemporains avec ce genre de béatitude: le bain d'optimisme dans lequel nous plonge en permanence le discours ambiant ("la vie est belle...") est ce qui les renforce le plus. Par expérience je conseillerai plutôt la lecture de Cioran...
RépondreSupprimerNon, mon vieux, rien à voir avec la vie est belle. C'est vous qui avez des œillères. La vie est suffisamment pourrie, pour qu'on s'abstienne de s'enfoncer, nuance. Quant à la pensée dépressive, il est vrai que Cioran en a fait une rente…
RépondreSupprimerVous avez raison sur un point, cependant: je me contrebalance de mes contemporains et ne cherche à les dissuader de rien du tout, c'est pas mon job. Vous avez une mission, tant mieux pour vous, ça vous empêchera de vous pendre.