mardi 17 novembre 2009

Mon ami Cesare


Trois semaines après qu'il a commencé de ne plus manger, et deux ans après que des magistrats se sont mis à jouer aux billes avec sa vie.
Photo prise le 17/11 (communiquée par Fred Vargas)

dimanche 15 novembre 2009

Les chats fourrés maîtres du monde


Avec les résultats du vote de la cour suprème du Brésil revenant à accorder (on attend toujours la voix du président pourtant principal inspirateur de la manoeuvre), contre la décision du ministre de la justice, l'extradition de Cesare Battisti en Italie, on s'achemine vers une situation assez extraordinaire: une première au monde où le pouvoir judiciaire aurait le droit d’annuler un refuge concédé par le pouvoir exécutif. Tous les réfugiés du Brésil (4200 de 76 pays) se trouveraient menacés (déjà, la Colombie, le Pérou, l’Iran, le Paraguay et Cuba annoncent leur intention de récupérer leurs nationaux en fuite, en cas d’annulation du refuge de Cesare). C’est également un danger pour tous les réfugiés du monde si le Brésil fait cette grande première d’extrader un réfugié, c’est-à-dire d’éteindre la prééminence du pouvoir exécutif en matière de refuge, c’est-à-dire en matière de POLITIQUE internationale. L’ONU (le Haut Commissariat aux Réfugiés) s’en inquiète, évidemment un peu tard, et pour le moment sans rien faire. C’est donc à Lula que reviendra la décision. Bien que 5 juges contre 4 dénient à Lula le droit de contester une décision du tribunal Suprême. Néanmoins ce droit est inscrit dans la loi (comme le fait que le tribunal ne peut pas casser un refuge…) mais le tribunal suprême du Brésil, mené par des hommes et femmes d’extrême droite et de droite anti-Lula, et visités cent fois par les Italiens, s’apprête à changer la loi, la Constitution, et ses traités internationaux. Tout cela grâce à l’occasion fournie par le cas de Cesare, et grâce à la propagande italienne et à la pression des ministres italiens.
Depuis l'abandon de l'asile par le gouvernement français dans l'ambiance post-11septembre, jusqu'à la fuite au Brésil et au bras de fer entre Lulla et un président de la cour suprême activiste d'extrême droite, on peut voir comment Cesare, rescapé d'un mouvement social qui, dans les années 70, avait voulu changer la politique, s'est retrouvé soudain otage de la vieille politique, de ses manipulations électoralistes et de ses gesticulations démagogiques, et cela, successivement sur deux continents. Ignoble spectacle de politicards et de magistrats jouant au ping-pong avec la vie d'un homme, pour des raisons qui lui sont totalement étrangères, à lui, à sa vie d'aujourd'hui et même à son passé véritable.
Avec pour résultat un nouvel essor du pouvoir d'une caste, celle des juges, au niveau mondial. Pour ceux que la démocratie intéresse, ça devrait poser un problème. Pour ceux qui veulent mettre fin à tous les pouvoirs étatiques, c'est aussi une évolution qu'il convient d'analyser: on combat mieux ce que l'on comprend.

mercredi 11 novembre 2009

Sur Article XI


On peut lire une nouvelle inactualité: "Tereur et démocratie: qui terrorise qui?"
http://www.article11.info/spip/index.php

dimanche 8 novembre 2009

L'état de l'Italie, suite




Le 22 octobre dernier, Stefano Cucchi, 31 ans, est mort dans un service de médecine pénitentiaire. Tout indique que sa mort est due à un tabassage en prison. L'Etat italien tente, par l'intermédiaire d'un ministre de faire passer sa mort pour celle d'un toxico. Mais tout le quartier romain de Torre Pignata vient manifester pour réclamer "justice pour Stefano", qui n'est que le dernier de la longue liste des victimes de meurtres policiers dont les responsables n'ont JAMAIS fait un jour de taule. Quelques mères de ces jeunes assassinés emmenées par Haidi Giuliani, la mère de Carlo tué en 2001 à Gênes, viennent de lancer un appel.
La dernière banderole tenue par un groupe de jeunes porte les vers d'une chanson de De Andrè "Ce n'est pas la mort qui m'a tué, mais deux matons bigots ont cherché mon âme".
Je me renseigne sur le sort actuel des casseurs de vitrines condamnés (voir message précédent) mais pour l'instant je n'arrive pas à savoir s'ils sont déjà ou pas encore en taule pour de longues années. Si ça se trouve, ils ont fait cassation et son encore tous dehors. Mais ça craint.

samedi 7 novembre 2009

Répression et diversion



Peines récemment infligées à quelques briseurs de vitrines de Gênes 2001.
Carlo Arculeo : 8 ans
Carlo Cuccomarino : 8 ans
Marina Cugnaschi : 12 ans et 3 mois
Luc Finotti : 10 ans et 3 mois
Alberto Funaro : 10 ans
Ines Morasca : 6 ans et 6 mois
Francesco Puglisi : 15 ans
Dario Ursino : 7 ans
Antonio Valguarnera : 8 ans
Vicenzo Vecchi : 13 ans et 3 mois

Cela s'est passé 48 heures après le procès de 45 policiers qui durant les mêmes trois jours du G8 avaient torturé et/ou tabassé jusqu'au coma des manifestants. 15 seulement ont été condamnés à des peines très légères, la plupart amnistiables. Cela dans le grand silence de l'Italie officielle.
Voilà ce dont j'ai essayé de parler, entre autre, dans mon avant-dernier papier de Siné-Hebdo(intitulé par la rédaction "la gauche italienne sinistrée") et dont j'eusse aimé continuer à débattre ici, mais, aidé par de sagaces intervenants, je me suis retrouvé embarqué dans des discussions inutiles. L'interactivité est souvent l'autre nom de la diversion-piège à cons.
A propos de cons, message personnel à Biramachin: c'est çui qui le dit qui l'est.

mardi 3 novembre 2009

Fier d'être dans Siné Hebdo

En réponse aux gens (voir message précédent) qui me cherchent des poux dans la tête parce que Siné-Hebdo ne serait pas assez radical, je dirais que tant que le patron sera capable de couverture comme celle-là, je serai fier d'y publier ma prose. Demain, vous pourrez y lire, de ma plume, une page sur "Tarnac, un dossier plein de vide", avec une interview de l'excellent Thierry Lévy (au passage, je recommande son Lévy oblige, magnifique méditation sur la condition du juif contemporain par quelqu'un qui n'adhère à aucune foi et j'attends avec impatience d'avoir le temps de lire son dernier co-écrit avec Jean-Denis Bredin, Les grands procès anarchistes, chez Odile Jacob)

mercredi 28 octobre 2009

L'état de l'Italie

La belle photo ci-dessus a été piquée à l'excellent site de Paolo Persichetti http://insorgenze.wordpress.com/, elle a été prise par Tano d'Amico au moment de la révolte de la section féminine de la prison de Rebbibia, en 1972.
Il y a quelques temps, j'ai vu sous un pont quelque part en Italie ce slogan de squatters (je traduis): "Vous nous avez voulu sous les ponts, vous nous retrouverez sur les toits".
La photo et le slogan pour servir de contre-poids à mon article de Siné-Hebdo (on peut le retrouver sur http://quadruppani.samizdat.net/ sous son titre original.
Aujourd'hui (comme hier et avant-hier jusqu'à 1793 exclu), l'opposition véritable est sur les toits, sous les ponts, dans la rue, dans l'usine, dans les champs ou à l'école mais sûrement pas au parlement.